La commission des comptes de l’agriculture vient de se réunir pour constater, comme tous les six mois, que le nombre de paysans diminue. Hier, le Conseil supérieur d’orientation du ministère de l’Agriculture devisait salle Sully sur les investissements dans les fermes et notre compétitivité nationale. Pendant ce temps-là, les éleveurs de porcs, de bovins viande et de vaches laitières appellent à l’aide. Et s’il y avait un lien ?

Passée l'autosatisfaction en miroir de la FNB et du ministre de l’Agriculture à la sortie de la "réunion de crise" de la semaine dernière, les éleveurs continuent sur le terrain à exprimer leur désarroi. Dans le même temps, industriels et distributeurs se renvoient la balle par presse interposée. Cette table ronde était pourtant vouée à l’échec puisque n’en était ressorti qu’un engagement informel des opérateurs aval sur une hausse de quelques centimes d'euros, sans aucune précision sur son application, et une annonce « cache-misère » sur la création d'un indicateur steak haché.
Au final, aucun des problèmes structurels de la filière n'y a été abordé de front, en premier lieu celui d'une méthode objective de calcul prenant en compte les coûts de production. En effet, que fait-on si la production s'envole, si la consommation baisse, si les importations augmentent massivement, si aucune mesure visant la RHD (Restauration hors domicile) n'est prise ?

 

Un grand témoin : seul témoin de la défense, le 17 juin, Olivier de Schutter a été de 2008 à 2014 rapporteur spécial pour le droit de l'alimentation auprès de l'ONU. Ses propos ont fortement marqué l'auditoire de la cour d'appel d'Amiens.
 

« Je ne suis pas un témoin direct des faits pour lesquels les militants sont ici poursuivis. Mon rôle n'est pas d'évoquer des situations personnelles, ni de porter un jugement. Je suis ce qu'on appelle un témoin de moralité.

Pendant des années, j'ai travaillé sur les questions d'agriculture et d'alimentation dans le monde. Je peux donc parler du contexte dans lequel ces faits s'inscrivent (les actions pour lesquelles les 9 militants sont poursuivis, NDLR).
Depuis 50 ans, l'agriculture industrielle pousse l'agriculture paysanne dans ses retranchements, comme un rouleau compresseur,

Monsieur le Ministre, considérant que:
  • Les cours volatils de la viande bovine ne peuvent rémunérer de façon pérenne les éleveurs;
  • Dans la nouvelle PAC, de nombreux producteurs de viande bovine vont voir leur niveau d’aides diminuer alors que leurs revenus sont parmi les plus faibles du secteur agricole;
  • Les difficultés de transmission dans la filière viande bovine sont particulièrement prégnantes;
  • La succession de plans d’urgence ne répond pas à la crise structurelle du secteur. La réforme des cotations, le plan compétitivité, la mise en place d’une cellule export, l’observatoire des prix et des marges sont des tentatives avortées pour construire un avenir serein à la filière bovine.
La Confédération paysanne souligne que:
  • Les systèmes ultra-spécialisés et les ateliers de grande dimension sont plus vulnérables car plus exposés aux aléas extérieurs par manque d’autonomie. Ils ne doivent plus être considérés comme un modèle à développer et à généraliser par les responsables politiques et agricoles;
  • En tant que Ministre, vous ne pouvez certes pas décider des prix mais vous êtes en capacité d'orienter les politiques publiques, notamment la PAC, pour favoriser la transition nécessaire dans l'organisation de la filière;
  • Une part importante de la production française est de qualité haut-de-gamme grâce au travail des éleveurs, mais une meilleure mise en adéquation de la production et de la consommation est à poursuivre;
  • Dans une Europe légèrement déficitaire en viande bovine, l’avenir des producteurs passe par la mise en œuvre de politiques publiques de gestion commune des marchés et de la production de viande harmonisées au niveau européen et non par une constante guerre de compétitivité;
  • En revanche, cette concurrence destructrice est bien présente à l’exportation sur le marché mondial. La filière viande bovine européenne, déjà fragile, nécessite pour son avenir un abandon immédiat des négociations d’accords de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada.
Parmi les syndicats représentatifs, seule la FNSEA, via la FNB, a été conviée à la table ronde du 12 mai 2015. La FNB ne propose qu'une fuite en avant des volumes de production qui entraîne une position de force des abattoirs et de la grande distribution pour négocier les prix, une standardisation de la viande et un désintérêt croissant des éleveurs croulant sous le travail et sans revenu.
Le simulacre de résultats de cette table ronde est amer pour les éleveurs en droit d’attendre mieux qu'une cogestion qui tourne en rond.
Une stratégie globale doit être redéfinie, en révisant notamment «la solution miracle» de l’export et en prenant à bras le corps la question du renouvellement des générations. A notre grand désarroi, les systèmes naisseurs-engraisseurs sont laissés de côté et toujours aucune politique d’engraissement digne de ce nom ne pointe à l’horizon en France.
Pour la Confédération paysanne, cette table ronde aurait dû déboucher sur une réflexion de filière aboutissant à rémunérer dignement le travail des éleveurs pour un certain volume de production par actif. C'est une remise en cause totale de la filière qui doit être engagée avec comme objectif une garantie de prix de vente supérieurs aux coûts de production, au minimum sur un semestre, voire un an et non de simples ajustements conjoncturels.
L’avenir du monde rural et de la production de viande bovine passent par le maintien de tous les producteurs dans les territoires, y compris défavorisés, et une reconquête de leur autonomie par les paysans.
Au regard de ce constat d’échec, nous vous demandons la tenue d’assises pour une remise à plat complète de la filière bovin viande. Pour que les éleveurs tirent un revenu davantage par les prix, un débat sans tabou doit s’ouvrir avec tous les acteurs de la filière.

Monsieur le Ministre, nous attendons de vous des engagements forts.

Le Plan de Compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles (PCAE) a pour objectif d'accompagner les agriculteurs limousins et leurs structures collectives dans leurs projets d'investissements permettant d'améliorer la performance économique, environnementale ou sociale de leurs exploitations. Ce dispositif global recouvre toutes les filières avec leurs spécificités et s'inscrit dans le Programme de développement rural Limousin (PDR Limousin) 2014-2020. Il permet de mobiliser des crédits européens du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) au travers de quatre opérations en faveur des investissements agricoles, proposées par l'Union européenne pour contribuer aux items suivants:

  • Opération O0411 : Investissements de modernisation et de diversification dans les exploitations agricoles ;

  • Opération O0412 : Maîtrise de l'énergie ;

  • Opération O0413 : Investissements collectifs ;

  • Opération O0441 : Investissements non productifs agroenvironnementaux et climatiques.

+ d'infos, formulaires et notices : http://www.regionlimousin.fr/appel-projet-investissement-agriculture-pcae

La Confédération paysanne et l'ARDEAR du Limousin ont tenu concomitamment leurs AG annuelles 2015 le lundi 20 Avril dernier à Magnac-Bourg.

Cette journée a été l'occasion de souligner les liens et complémentarités historiques et fonctionnelles de nos structures qui œuvrent au quotidien pour faire avancer le projet de l'agriculture paysanne.

Sur le territoire du Parc Naturel Régional de Millevaches en Creuse à 800 m d’altitude, un projet de centre d'engraissement de 1000 jeunes bovins voit le jour avec 1.100.000 € de fonds publics (625.000 € de subventions de l’Etat+Région+Département 23, 350.000 € d’emprunts et 125.000 € de fonds propres de la Communauté de Communes)

La Confédération paysanne ne remet pas en cause le fait que des paysans finissent leurs animaux ou s'unissent pour le faire dans la mesure où l’alimentation est produite de manière autonome et où ces mêmes paysans sont maîtres de leurs débouchés.

A Saint Martial le Vieux sur la Communauté de Communes des Sources de la Creuse ce qui nous inquiète c'est que des agriculteurs se sont alliés avec la société SVA Jean Rozé

Agriculture paysanne

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