Les chiffres 2011 publiés ce mois-ci par le Commissariat général au développement durable sont édifiants. Des pesticides ont été retrouvés sur 93% des points de contrôle dans les cours d'eau de France, dont 30% à un niveau qui rend l'eau impropre à la consommation. En parallèle, l'utilisation de pesticides a augmenté de 7% entre 2010 et 2011. C'est la conséquence d'un modèle agricole productiviste développé ces dernières décennies sous l'influence de l'agro-chimie.

Les agriculteurs et les habitants des zones rurales agricoles en sont les premières victimes.
L'empoisonnement impuni de notre milieu ambiant et de notre alimentation, l'augmentation des maladies professionnelles en lien avec l'usage des pesticides, la disparition de nombreuses espèces animales, le coût de la dépollution... ne sont plus admissibles
Ces chiffres démontrent aussi l'aspect en partie irréversible de la contamination. Parmi les 15 pesticides les plus présents dans les cours d'eau français, trois sont des substances aujourd'hui interdites. L'une d'elle l'est depuis 10 ans.

Il faut d'urgence mettre en place une politique qui permette aux paysans de s'affranchir progressivement de ces produits néfastes pour leur santé et qui pèsent lourd dans leur budget. La PAC* doit servir de levier pour aller dans ce sens. En outre, il faut favoriser l'utilisation des Préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP*) en les affranchissant des procédures d'autorisations de mise sur le marché conçues pour n'accepter que des produits chimiques brevetés. Plus globalement, il faut soutenir un modèle agricole qui soit respectueux des paysans, de la santé des consommateurs et de l'environnement.

Cher Xavier, Tu as donc décidé de venir passer un dimanche à Paris, dans les quartiers chics, pour parler d'élevage. Puisque nous sommes allés dans les quartiers populaires avec la Ferme à Paris, il fallait bien équilibrer la balance. Nous avons pourtant de la difficulté à saisir ton intention...

En effet, tu dis vouloir sauver l'élevage et nous sommes satisfaits que tu relayes, de fait, « Sauvons l'élevage », la campagne que nous menons depuis près d'un an. Néanmoins, nous aimerions aussi que les revendications que tu portes habituellement aillent dans ce sens.

Ce projet d’infrastructure ne s’inscrit pas dans une idée de développement durable et local. Le principe des grands axes de transport est de raccorder les personnes et les marchandises, de pôle urbain à pole urbain, en pensant que cela va créer de l’activité et de richesse pour les territoires traversés.
C’est un leurre ! Les derniers paysans de la vallée de l’Arve (tunnel du Mont Blanc) ou du Lavedan (près de Bagnères-de-Bigorre) peuvent en témoigner ! Les dégâts sociaux et environnementaux générés sont irrémédiables.

Le ministre de l’Agriculture, en visite au congrès des Jeunes Agriculteurs à Metz, vient d’annoncer sa volonté de maintenir ce syndicat comme « partenaire » pour coordonner les politiques d’installation régionales. Stéphane Le Foll officialise donc l’inéquité dans le soutien aux futurs paysans en optant pour une gestion partiale de cette mission de service public.
La Confédération paysanne a affirmé son intérêt pour un point d’entrée unique dans l’installation au travers des Point info installation (PII)… à la condition que le pluralisme y soit respecté !

Le Congrès de la Confédération paysanne qui s'est tenu les 23 et 24 avril à Nevers a élu pour deux ans un nouveau Comité National. Celui-ci a élu à son tour il y a quelques jours, les membres du nouveau Secrétariat National.

confederation paysanne_secretariat_national

 
De gauche à droite : Laurent Pinatel, Laurent Leray, Josian Palach, Claude Cellier, Judith Carmona, Mikel Hiribarren, et Marie-Noëlle Orain.

Porte-parole :

> Laurent Pinatel, 42 ans, éleveur bovin bio lait et viande, transformation, en GAEC, dans la Loire, en zone de montagne. Second mandat au Comité national.

Plus de 300 paysans étaient réunis à Nevers, mardi 23 et mercredi 24 avril, pour le 17e congrès de la Confédération paysanne, autour du slogan : « Mettre les paysans au cœur des politiques agricoles ».
Après les élections aux chambres d’agriculture, le congrès est un moment important de la vie syndicale pour se retrouver et débattre des orientations et actions à poursuivre. Lors de la partie publique des débats, le ministre de l’Agriculture a été interpellé sur différents sujets dont les discussions sur la PAC et la future Loi d’avenir agricole et forestière.

Monsieur le Ministre,

 

Du 11 avril au 20 juin, vous serez amené à négocier en trilogue les rapports de la réforme de la Politique agricole commune.

Le Parlement européen et le Conseil européen n’ont pas traduit les ambitions affichées par le Commissaire européen : légitimité des aides publiques, verdissement de la PAC et revenu des paysans. Enfin, en ajoutant toujours plus de subsidiarité dans la mise en œuvre des mesures, le projet de réforme de la PAC a perdu de sa dimension européenne.

Pour apporter le changement à la Politique agricole commune et lui donner du sens, la Confédération paysanne attend que vous négociiez l’accord final en faveur de l’emploi paysan et des attentes de la société en matière d’alimentation et d’environnement.

 

Monsieur le Ministre, les dernières cartes sont entre vos mains pour apporter de la légitimité à la PAC. Nous vous invitons à porter toute votre attention sur les points suivants :

-        Un plafonnement et une dégressivité forte des aides pour mettre fin aux rentes de situation injustes et indéfendables : la mise en œuvre du plafonnement des aides doit être obligatoire pour tous les Etats membres et les seuils de dégressivité définis au niveau de chaque Etat membre. 

-        La convergence totale des aides ne doit pas être seulement une ambition. Pour mettre fin aux disparités liées aux références historiques, la convergence totale devra être atteinte en 2019. La majoration sur les premiers hectares sera cohérente uniquement si elle s’applique sur des droits à paiement de base sur tout le territoire. Dans le cas contraire, la majoration renforcerait les inégalités liées aux références historiques.

-        La mise en œuvre de l’aide aux petites fermes doit être obligatoire pour tous les Etats membres. Cette aide devra être définie au niveau de chaque Etat et ne pas être exclusive des autres aides.

-        Les aides couplées aux productions fragilisées doivent redevenir significatives, avec au moins 20% de l’enveloppe des aides du 1er pilier. Ces dispositifs se justifient par les intérêts sociaux, environnementaux et territoriaux de ces productions.

-        La modulation des aides doit uniquement permettre une réorientation des fonds du 1er pilier vers le 2nd pilier et non du 2nd vers le 1er. Le budget du développement rural, déjà très faible, ne peut être vidé pour alimenter des aides directes essentiellement découplées et donc injustes.

-        La gestion des risques, basée sur un système assurantiel privé et ne répondant pas aux objectifs de développement rural, ne doit pas être financée par le 2nd pilier.

-        Aucune certification ou mesure autre que l’agriculture biologique ne doit exempter de l’obligation d’appliquer le verdissement. Les surfaces d’intérêt écologique, uniquement composées d’éléments topographiques, doivent représenter 7% de la surface agricole utile (SAU) au niveau de chaque ferme.

-        Le règlement OCM doit conforter la mise en place d’outils de régulation publique. Ces outils permettront de maîtriser et répartir des volumes, dans le cadre d’une politique publique de régulation et de protection aux frontières, assurant la stabilité des quantités produites et des prix à la production.

 

Redonner du sens à la politique agricole en lui permettant de répondre aux objectifs inscrits  dans les articles 39 et 40 du Traité de Lisbonne est indispensable ; il n'est pas envisageable de poursuivre le démontage des outils de la Politique agricole commune dans le contexte actuel de crise économique et sociale.

 

En espérant que notre appel retiendra toute votre attention, veuillez recevoir, Monsieur le Ministre,  l’expression de nos salutations distinguées.

 

Philippe Collin, Porte-parole de la Confédération paysanne

Christian Roqueirol, Secrétaire national en charge du dossier PAC

Depuis plus de 6 mois, la Confédération paysanne se bat avec la campagne « Sauvons l’élevage » pour que la situation critique des éleveurs soit enfin entendue.
Nous prenons acte que le gouvernement a pris conscience de leur détresse et de la menace qui pèse sur l’élevage. Cependant, dans cette suite d’annonces, certaines vont dans le bons sens, d’autres restent trop floues et certains points sont inquiétants !
 
Parmi les signaux positifs, la remise à plat des dispositifs de contractualisation et des organisations de producteurs était une revendication constante de la Confédération paysanne et nous participons à la réflexion sur ces sujets. La réorientation des aides de la PAC vers l’élevage est, elle, de l’ordre de l’annonce. Nous attendons donc plus de précisions. Entre 5% de réorientation et 50%, l’incidence sur le revenu des éleveurs n’est pas le même.
La référence aux coûts de production est une avancée mais à la condition qu’il y ait une réactivité importante. Pour nous, cette notion prend en compte les revenus des éleveurs, mais nous sommes surpris qu’il n’y soit pas explicitement fait référence.
Autre idée avancée, l’encouragement à la méthanisation n’est pas une solution pour sauver l’élevage. Elle légitime l’agrandissement à outrance et la concentration des exploitations. Par ailleurs, l'apport financier découlant de la production d'énergie ne doit pas être une justification à la sous rémunération des produits agricoles.
La Confédération paysanne a établi un plan pour sauver l’élevage. Sur cette base, et puisque les pouvoirs publics sont décidés à se pencher sur cette question, nous sommes prêts à apporter notre contribution à l’élaboration de solutions à la crise que traversent l’élevage et ses éleveurs.
 
 
Contacts :
Gérard Durand, Secrétaire national en charge de l’élevage : 06 80 72 32 74
Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18
Elina Bouchet, Chargée de communication : 06 95 29 80 78

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