Un centre d'engraissement de 1000 jeunes bovins voit le jour en Limousin. La Confédération paysanne s'inquiète des conséquences d'une telle réalisation.

Alliance Millevaches est une société par actions simplifiées (S.A.S.) créée en 2010 par 12 actionnaires, éleveurs et non éleveurs. Son but : exploiter un centre d'engraissement collectif pour jeunes bovins, alors inexistant dans le secteur, ces animaux étant jusque là vendus pour engraissement en Italie.  Depuis 2013, la Société vitréenne d'abattage (SVA) Jean Rozé, filiale du groupe « Les Mousquetaires/Intermarché », a intégré la SAS, et les éleveurs corréziens et creusois engagés dans la démarche seraient aujourd'hui une cinquantaine.

Les premiers animaux devraient entrer dans les bâtiments en 2015. Ils ont d'ores et déjà été réservés par la SVA Jean Rozé, qui a signé un contrat de 5 ans avec la SAS , avec prix minimum garanti.

Le centre d'engraissement sera situé à Saint-Martial-Le Vieux, sur le territoire du parc naturel régional Millevaches en Limousin. Les infrastructures et les équipements seront financés par la communauté de communes des Sources de la Creuse, puis loués à la SAS pour 30.000 €/an. D'autres soutiens publics devraient aider la réalisation du projet (1). Les toits des deux bâtiments d'élevage (5.380m²) seront loués à un promoteur spécialisé dans le photovoltaïque (2) et le centre sera en partie entouré par une centrale photovoltaïque au sol.

La superficie finale des installations devrait être d'environ 23.000m², sur un ensemble foncier de quatre parcelles d'une superficie de 63.300m². La capacité d'accueil simultanée du centre est prévue pour 1000 bovins, soit la production de 1420 taurillons engraissés à l'année (3). Les jeunes bovins seront achetés en priorité aux agriculteurs sociétaires, complétés par des achats sur le marché au cadran d'Ussel, à 20 kilomètres du site.

A plus de 800 mètres d'altitude et pour une telle quantité d'animaux, l'alimentation du bétail ne pourra être produite sur place et devra être contractualisée. Elle nécessitera des capacités de stockage conséquentes.

Les effluents d'élevage (12.000 tonnes par an) devraient à terme alimenter un méthaniseur.  Abondé par 18000 tonnes de déchets verts, d'abattoir et de grandes surfaces, il produira de l'électricité et séchera le substrat du digesteur pour en faire des engrais (mis en granulés),  mais aussi des pellets de bois pour la chaîne de magasins Leclerc. Dans l'attente, un plan d'épandage auprès d'agriculteurs riverains aurait été dimensionné par la chambre d'agriculture de Corrèze pour permettre une exploitation « normale » du site. 

En fonctionnement « de routine », seulement 3 emplois « locaux » seront créés sur place :  deux ouvriers et  un responsable des achats/approvisionnement animaux et alimentation.

La Confédération paysanne du Limousin s'inquiète des conséquences de ce projet : production de viande de basse qualité destinée à l'export, dépendance des éleveurs contractualisant avec un industriel, bilan carbone catastrophique puisque les aliments seront produits ailleurs et la viande exportée, rentabilité aléatoire dépendant - entre autres - des fluctuations des prix des aliments, création d'emploi quasi nulle ...

Nous ne remettons pas en cause la volonté des éleveurs de se regrouper pour engraisser leurs broutards qui étaient vendus en Italie, mais plutôt les orientations politiques à tous les niveaux, du global (l'Europe qui avec la nouvelle Pac a fait le choix d'aider les gros élevages naisseurs plutôt que systèmes les naisseurs-engraisseurs) au local (les collectivités territoriale qui prétendent toutes vouloir une agriculture durable, relocalisée, de qualité, créatrice d'emplois, préservant les ressources naturelles, et qui ne verront rien de tout cela avec ce projet).

Nous souhaiterions plutôt voir les éleveurs de bovins incités à diminuer leur nombre de vaches-mères et finir leurs animaux à l'herbe qui pousse naturellement dans la région, ces produits correspondant aux besoins alimentaires locaux.

 

La Confédération paysanne du Limousin

 

(1) Le projet a reçu un accord de financement du ministère de la Défense  pour un montant de 400.000€ dans le cadre du Plan local de redynamisation du site (proximité du camp de la Courtine). Des subventions devraient être également attribuées par le Conseil régional (150. 000 €) et le Conseil général de la Creuse (75. 000 €).

(2) SAS Third Step France.

(3) Sachant que 240 à 260 jours d'engraissement maximum sont fixés par bête.

Convoquée d'urgence, une réunion concernant la Directive Nitrates s'est tenue jeudi 24/07/14. Elle avait pour objet d'annoncer à la profession l'extension des zones vulnérables à près de 4000 communes. Cette extension de grande ampleur n’est qu’une nouvelle tentative afin d’éviter une amende de l’Union européenne. Cela risque d’accentuer la forte incompréhension sur le terrain et n’apporte toujours pas de réponse cohérente au problème des nitrates.

Ces nouvelles extensions concernent essentiellement des zones de polyculture élevage. De nombreux paysans, qui ne l'ont pas prévu, auront donc à se mettre aux normes.




Reportage en ouverture du JT de France 3 Limousin du 30.06.14
https://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1213_limousin_,105378389.html

Galerie de photos en ligne : https://picasaweb.google.com/110946848837054654602/ConvergencesPeyrelevade290614

programme


Contacts :

Michel LIMES, porte-parole Confédération Paysanne 19 : 06.77.81.31.18

Jérôme ORVAIN, porte-parole Confédération Paysanne 23 : 06.45.11.27.94

Frédéric LASCAUD, porte-parole Confédération Paysanne 87 : 06.71.05.28.36

La Confédération Paysanne de la Corrèze est solidaire des pomiculteurs touchés par la destruction de leur jeune plantation de pommiers à Concèze.


Cette destruction, lâche et idiote quant à sa méthode, son ciblage et sa supposée revendication, est inacceptable et nous la condamnons fermement.

Le problème des pesticides, s’il est le sujet de ce délit, est une question plus large de société qui doit être abordée de façon dépassionnée et avec sang froid, entre les professionnels, les consommateurs, et les citoyens en général. Ce n'est certainement pas en s'en prenant à ceux qui essayent des solutions alternatives que le problème sera résolu.

Notre syndicat, promoteur d’une agriculture paysanne, autonome, responsable et de proximité a son rôle à tenir dans ce débat pour une évolution positive de notre agriculture, par le dialogue et la recherche de vraies solutions tout en sachant que cela prendra du temps.

Contact : Michel LIMES, Porte Parole de la Confédération Paysanne 19: 06-77-81-31-18

Les nouveaux arbitrages qui viennent d’être rendus pour l’application française de la PAC confirment la ligne suivie depuis le début de cette réforme : on sacrifie la majorité des paysans au profit d’un petit nombre d’exploitants à gros effectif. Autrement dit, on choisit de maintenir les productions plutôt que les producteurs. Malgré quelques décisions positives, cette PAC continuera donc d’exclure et de favoriser l’agrandissement au lieu de l’installation, loin de l’idée qu’on pourrait se faire d’une agroécologie paysanne.

La très symbolique aide couplée aux vaches allaitantes ne sera accessible qu’à partir de 10 vaches, sans même que les génisses ne soient réellement prises en compte, mais celui qui a 100 vaches recevra une aide pour chacune ! Les fermes petites et moyennes diversifiées restent donc les victimes d’une volonté d’aller vers la production de volume, au lieu de mettre en œuvre une politique qui permette que des paysans vivent nombreux sur leur territoire et produisant une alimentation de qualité.

A noter, un point positif de ces annonces, l’aide aux légumineuses, même si elle reste encore à préciser, devrait permettre de favoriser l’autonomie des fermes, et donc de réduire la dépendance à l’alimentation animale importée.

Depuis les premiers arbitrages, il est clair que cette PAC n’a que très peu en commun avec une agroécologie paysanne. Celle-ci, que nous défendons avec l’agriculture paysanne, intègre tous les paysans que cette politique choisit d’exclure. Les petits, les diversifiés, les créateurs d’emploi, les paysans qui font vivre leur pays doivent être considérés en priorité. Le surlendemain d’élections européennes qui ont fait la preuve d’une énorme défiance face aux politiques, face à l’Europe, il serait temps de montrer que l’action communautaire ne doit laisser personne au bord du chemin.
La PAC 2020, qui va bientôt être négociée au niveau européen, devra, avec des aides plafonnées et à l’actif, être d’abord celle des paysans.


Contacts :
Laurent Pinatel, Porte-parole national : 06 80 58 97 22
Judith Carmona, Secrétaire nationale en charge de la PAC : 06 23 89 85 00
Elina Bouchet, Chargée de communication : 06 95 29 80 78

L’agriculture limousine est en train de prendre le virage de l'industrialisation et cela nous inquiète au plus haut point. Nous pensions loin de chez nous les dérives constatées avec la construction de la ferme des 1000 vaches dans la Somme par l'industriel Ramery, il n'en est rien !

Sur l'ancien camp militaire de la Courtine en Creuse, un projet de centre d'engraissement de 1000 jeunes bovins est aussi sur le point de voir le jour.

La Confédération paysanne du Limousin ne remet pas en cause le fait que des paysans engraissent ou s'unissent pour le faire dans la mesure où les intrants sont produits de manière autonome et où ces mêmes paysans sont maîtres de leurs débouchés.

Avec le projet de la Courtine, c'est l'alliance avec un industriel dans une holding, qui nous inquiète. En effet, l'objectif de cet industriel est de faire un maximum de bénéfices en baissant les prix de vente au maximum, sur le principe de l'intégration et ce dans un but d'exportation uniquement.

Au delà du groupe de paysans impliqués dans le projet nous craignons également un « tirage vers le bas » des prix pour l'ensemble des paysans de la ferme limousin. Le montage d'une holding vient aussi court-circuiter les cotisations MSA, garantes de la solidarité entre paysans.

Par ailleurs, comme dans le projet « Ramery », c’est la partie non agricole (photovoltaïque et méthanisation) qui assure la rentabilité du projet avec, en plus pour La Courtine, une aide très importante du Ministère de la Défense (reconversion du site).

Ce qui est aujourd’hui une « exception » pourrait à terme devenir la règle avec le risque que l’agriculture ne devienne un sous produit d’autres activités plus lucratives.

Nous sommes donc très loin d'une agriculture localisée, à taille humaine, garante d'une alimentation saine pour nos concitoyens. La Confédération paysanne du Limousin dit non aux fermes usines. De la Somme au Limousin, la bataille ne fait que commencer, il en va de notre survie !

 
Contacts :
Jérôme ORVAIN, porte-parole Confédération Paysanne 23 : 06.45.11.27.94
Frédéric LASCAUD, porte-parole Confédération Paysanne 87 : 06.71.05.28.36

https://enviedepaysans.fr/signez-lappel-des-fermes-pas-des-usines

Actualisez vos surfaces admissibles

Suite à des pénalités imposées par l’Europe à cause des imprécisions du Registre Parcellaire Graphique (RPG) de la France, celle-ci fera une actualisation des photos PAC, pour éviter que des surfaces non admissibles soient déclarées dans la PAC.