20170125 170424La Conf'87 se fixe une stratégie

Une vingtaine de paysan.nes a fait le déplacement aux Billanges, le 25 janvier dernier pour participer à l’assemblée générale de la Confédération Paysanne de la Haute-Vienne. A quelques mois d’élections importantes, et alors que l’Agriculture française est à un tournant majeur, les paysan.es présent.es ont décidé de réaffirmer leurs priorités en matières agricoles pour la Haute-Vienne.

Promouvoir l’autonomie paysanne en appuyant et soutenant les groupes de paysan.es cherchant à se former techniquement aux pratiques de l’Agriculture Paysanne (AP). Ces initiatives favorisent les échanges et les liens entre paysans, et la circulation des savoir faire.

Il faut aussi aller parler AP en amont de l’installation. La Conf’ doit porter son message qui est plébiscité par 91% de nos concitoyens. Il faut travailler avec les lieux de formations à des temps d’intervention permettant de mettre en lumière d’autres systèmes de production.

Mettre en lumière la question du revenu des agriculteurs aujourd’hui à 350€ en moyenne. La Conf’87 veut sensibiliser les hauts-viennois.es à cette situation et porter ce débat en place publique. Dans le même temps, elle travaillera à mettre en avant les résultats des fermes du réseau AP et la capacité de ces systèmes à dégager du revenu.

Parler relocalisation de l’économie agricole via les ateliers collectifs de transformation, et les réseaux de commercialisation en circuits-courts. Mais aussi promouvoir le retour de l’abattage bovin et ovin sur les territoires, et notamment à la ferme. Il faut se réapproprier l’image de l’élevage. La Conf’ souhaite retourner vers nos concitoyens et les informer sur ce que sont véritablement les pratiques des éleveur.euses.

Porter le débat sur la mise à plat de la couverture sociale agricole. Il ne s’agit pas seulement de traiter de problèmes particuliers mais de demander une réflexion globale sur l’état du système en Haute-Vienne et en Limousin. Que ce soit sur la pertinence des barèmes de cotisation, ou sur le mode de fonctionnement, nombreux sont les paysan.es qui se posent des questions et qui souhaite une évolution concrète de leur couverture sociale.

Surveillance et mise en valeur des terres agricoles, à la CDOA en défendant les dossiers d’installation de paysan.es de tous âges et horizons. Mais aussi à la Commission départementale de protection des espaces naturels, agricoles, et forestiers (CDPENAF) en surveillant les projets consommant du foncier et en étant force de proposition. De la même façon la Conf’87 doit se battre contre la spéculation sur le foncier et soutient les collectifs comme « Stop Mines 87 » pour défendre l’installation sur les terres agricoles haut-viennoises plutôt que leur destruction.

Dynamiser le lien social entre paysan.es et organiser une fête annuelle à échelle du département, pour partager de bons moments et susciter l’envie d’en savoir plus sur les valeurs de l’Agriculture paysanne.

La Confédération paysanne met en place des groupes ouverts pour participer de près ou de loin à la réflexion autour de chacun de ces thèmes. Tous les paysan.es sont libres d’y apporter leur contribution en contactant l’animatrice au SAFRAN.

 

Des abeilles et des pommes

A la suite de l’AG, la Conf’ a invité des apiculteurs du Limousin à partager leurs expériences les différentes pratiques en apiculture dans le cadre d’un débat « Abeilles et Paysans, propagateurs de vie en danger ! ». Une trentaine de personnes est venu échanger sur cette thématique qui touche toutes les productions. Paysan.es et abeilles participent à la reproduction des végétaux qui alimentent les animaux et les hommes. La réduction dramatique de paysan.es et les difficultés que connaissent les colonies d’abeilles présage de risques majeurs concernant l’alimentation. L’agriculture industrielle a montré ces limites, en générant ou amplifiant des problèmes sanitaires et environnementaux.

C’est Thierry Dolivet, apiculteur en Creuse et membre de la commission apicole à la Confédération Paysanne, qui dresse le diagnostic d’une apiculture fortement impactée par les pratiques agricoles. Le productivisme a orienté l’agriculture vers la monoculture et l’utilisation massive de la chimie, et  il est difficile de sortir de ce fonctionnement. Alors que l’apiculture se développe et participe au renouvellement des paysan.nes sur le territoire, les apiculteur.ices trouvent peu de ressources pour les accompagner et faire évoluer les pratiques en matière de pesticides.

L’intervention de Nicolas Fermond, apiculteur à Saint-Sylvestre, a montré qu’ils doivent redoubler d’ingéniosité face au manque d’accompagnement technique. Nicolas place ses ruches sur une zone éloignée de toutes activités agricoles pour maintenir ses colonies en autarcie et les protéger des pesticides. Il doit alors être attentif au renouvellement de ses abeilles et travailler avec un type spécifique de reines.

Chloé Pellerin est une jeune apicultrice installée à Dournazac depuis peu. D’abord double active, elle a développé son activité apicole avec comme objectif de pouvoir en vivre.  Dans son intervention, elle évoque aussi ce manque d’accompagnement. S’agissant du parcours à l’installation, il est clairement plus difficile de trouver des informations et des conseils auprès des instances agricoles, banques y compris. Le système n’est pas tourné vers ce genre de production et il n’est pas fait pour favoriser la venue de doubles-actif qui participent pourtant au dynamisme territorial. Dans ses pratiques, Chloé travaille en partenariat avec des arboriculteurs ce qui permet de diversifier les zones de butinages de ses abeilles. Cela permet aussi aux arboriculteurs de mettre en valeur la fonction pollinisatrice des abeilles, et le rôle essentiel de ces insectes dans la reproduction des cultures.

Cet intérêt est confirmé par l’intervention de Pascal Babaudou, pomiculteur AOP à Saint-Yrieix-La-Perche et administrateur à la coopérative Limdor. La coopérative s’est engagée dans un partenariat avec des apiculteur.ices. L’objectif est de favoriser la pollinisation dans le verger. Cette démarche a entrainé une réflexion des arboriculteurs, pour développer des pratiques qui nuisent le moins possible aux abeilles. Les efforts portent sur la réduction de la fréquence des traitements, l’utilisation de dispositifs alternatifs pour lutter contre le carpocapse, où le bannissement de certain produits. Mais là aussi les obstacles sont nombreux. Les systèmes alternatifs nécessitent un accompagnement technique de qualité et du temps. Quant aux  protections mécaniques contre les nuisibles, elles coûtent encore très cher. 

Agriculture paysanne

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