Des rencontres syndicales sous le signe de la cogestion

2016 09 08 LeFoll 19Initialement prévue pour 8h15, l’arrivée du ministre a été reculée de plus d’une heure. Les syndicats présents (Confédération paysanne, MODEF et Coordination rurale) sont laissés sans trop d’explications sur le déroulé. A force d’interpeller les officiels présents, c’est la directrice de l’établissement de Naves qui donne l’explication du retard du ministre : il prend le petit déjeuner avec la FDSEA/JA et la liste FD dissidente.

 

 

 

Deux poids, deux mesures : la pluralité en agriculture

Plusieurs interlocuteurs sont envoyés à la délégation Conf’19 qui demande des explications : un stagiaire de la préfecture, puis un membre du cabinet du Préfet avant de pouvoir obtenir le Préfet lui-même par téléphone. Quelques minutes plus tard, c’est un membre du cabinet du ministre qui propose d’offrir le café alors que Stéphane le Foll est en train d’arriver. Il doit respecter le protocole en saluant les élus locaux avant de finalement venir à la rencontre des syndicats.

Le Préfet vient s’expliquer auprès de Michel Limes, Porte-parole de la Conf’19 et Pierre Calmettes, administrateur Conf’19, ARDEAR et Terre de Lien, prétextant des problèmes d’organisation qui aurait alors engendré ces malentendus. Le ministre s’approche enfin et Michel Limes décide de l’interpeller sur cette conception bien étrange de la pluralité qui lui fait recevoir certains dans des salons d’hôtel pendant que d’autres attendent d’être reçu dans la cafétéria du lycée. Après un moment d’échanges vifs sur ce que la Confédération paysanne considère comme une « rencontre bis », le ministre reprend le cours de la visite. Les syndicats présents sont alors invités à faire part de leurs attentes à Luc MAURER conseiller PAC du ministre, et à François GEAY directeur de la DDT de la Corrèze dans ladite cafétéria.

La Confédération paysanne a tout de suite insisté sur l’importance de renforcer le 2ème pilier considérant que « concernant la relocalisation [des outils de production], tout le monde en parle mais personne ne fait rien ». La solution ne passe pas que par l’export mais bien par le dynamisme local. Mais pour cela, il faut des outils sur le territoire. Selon le conseiller, le Président de la République et le Ministre, croient beaucoup en ce pilier qu’ils ont renforcé de 1 milliard d’euros lors de la dernière PAC. Il y a une possibilité de transfert du 1er vers le 2ème pilier à hauteur de 3% par an notamment le renforcement de la modernisation via la PCAE. Luc Maurer revient sur le seuil des 10 UGB au lieu des 10 vaches allaitantes obtenu par la Conf’ pour le déclenchement des aides. La CP 19 avait rencontré la DDT et le cabinet de M. Le Préfet pour obtenir ce seuil à la fin du mois de juillet. Le conseiller admet qu’il permettra de mieux prendre en compte les systèmes résilients, la polyculture/polyélevage, et les systèmes créant de la valeur ajoutée locale.

Concernant les retards de paiement et autres ATR,  la situation actuelle résulte de l’amende infligée par l’UE suite à un trop perçu PAC et l’amende infligée à la France en 2014. La commission a imposé un contrôle et une mise à plat des comptes français ce qui a mobilisé l’administration et retardé les versements de la part de l’UE. Le conseiller s’en excuse et présente le calendrier d’apurement disponible ici.

D’autre part, monsieur Maurer tient à rassurer sur le fait que le ministre prend acte de l’épisode pluvieux du printemps et de la sécheresse de cette année qui fait suite à celle de 2015. Des discussions sont sur le point d’être entamées pour les éleveurs qui risquent d’avoir des problèmes d’approvisionnement en aliment. Malheureusement, tout le département n’est pas en calamité et il faudra regarder les gens fragilisés au cas par cas. De façon générale, le système d’indemnisation n’est plus adapté et il faut le refonder sur un système de mutualisation des risques à définir.

 

Prix et régulation

Luc Maurer admet que le ministre n’a pas de pouvoir pour influer sur les prix. Il se sert de la loi Sapin 2 pour cadrer au mieux les négociations dans les processus de contractualisation. Il s’agit d’obliger les transformateurs et les distributeurs à tenir compte des évolutions des coûts de production. Mais pour le ministère, il faut sensibiliser les consommateurs sur l’origine des produits et la qualité en insistant sur la « santé ». La valorisation des produits se fera par cette entrée.

Le conseiller revient sur le plan de réduction de la production lait qui va dans le sens d’une régulation avec un plafonnement à 5% pour la surprime afin de ne pas orienter vers la restructuration comme ça peut être le cas actuellement aux Pays-Bas. Il propose aussi qu’un travail soit fait sur l’animation pour « produire autrement » et l’identification de l’origine géographique du lait. Pour la Conf’19  ce n’est pas suffisant et cela ne peut se substituer à une vraie régulation. Il y a des outils qui existent à condition d’avoir une volonté politique pour les mettre en place. Elle signale donc qu’elle souhaite s’engager auprès de la Région pour mettre en valeur les travaux sur l’autonomie alimentaire en élevage, notamment avec la mise en valeur des systèmes herbagers et l’indépendance protéique. D’ailleurs, à la fin de sa visite de Stéphane Le Foll, le ministre nuance sérieusement son propos sur la recherche de compétitivité et remet en cause la baisse des charges sociales comme solution à la crise. Les causes sont structurelles et il faut commencer « à réfléchir sur les charges opérationnelles » qui plombent les résultats des exploitations. Malheureusement plus aucune caméra n’est là pour saisir le propos.

 

Questions locales

La Conf’19 met sur la table la charte de bonnes pratiques dans les vergers en indiquant que si la démarche est bonne, elle ne doit pas pénaliser les petits producteurs ni les isoler du reste de la société. Elle regrette aussi que les syndicats agricoles n’est pas été associés à la démarche. La DDT, qui a participé à l’animation, veut continuer à soutenir la démarche mais regrette le refus de la Chambre d’agriculture, proche de la FDSEA, de participer à cette initiative locale. Les discussions sur les distances ont été difficiles notamment sur les limites à prendre en compte (habitation, terrain, exploitation…), mais la DDT souhaite que le projet aboutisse et veut continuer à « aller de l’avant ».

La Conf’19 fait aussi part de ses inquiétudes concernant le renouvellement et les installations sur le département. Pour les aides à l’installation un assouplissement de la DJA est acté. Les jeunes installés qui ne pourraient pas respecter les engagements économiques ne seront plus sanctionnés étant donnée l’instabilité structurelle. Les prêts bonifiés seront donc redéployés vers la DJA car sur le dispositif de 20 millions d’euros, seuls 6 sont utilisés et « ça part chez les banques pour rien ».

Toutefois la piste évoquée et celle de l’investissement au détriment de l’innovation dans les pratiques ou l’installation des hors cadre-familiaux. Luc Maurer confirme que c’est bien le cabinet du ministre et l’administration qui ont construit cet outil en l’axant sur l’investissement. Les JA souhaitent que le plancher des investissements soit le plus haut possible ce qui risque de pousser vers plus d’endettement, dont on connait aujourd’hui les conséquences.

Agriculture paysanne

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