Priorité à la vocation alimentaire des terres pour l’installation, le maintien de paysans et le développement local !

La Confédération paysanne 23 a appris récemment par annonce légale de la SAFER MLI (publicité foncière publique et légale) que la Société Abioval revendait via la SAFER les plus de 250 ha terres agricoles acquises en Creuse et en Haute-Vienne ( - 126 ha sur la commune de St Agnant de Versillat (23) ; -104 ha sur la commune de St Pierre de Fursac (23) ; - 19 ha sur la commune de Vareilles (23) et - 6 ha sur la commune de Folles (87))

En 2010, la société Abiodis avait fait l’acquisition de ces deux fermes creusoises afin d’y produire des céréales (sorgho) destinées à la production d’énergie –dite renouvelable- par méthanisation dans une structure basée à Guéret à 50 kms. Plus de 250 ha de terres cultivables perdaient ainsi leur vocation alimentaire pour atterrir dans les mains d’une société privée. Le projet, présenté comme novateur sur le plan environnemental et bénéfique sur le plan social, ne présentait, à notre sens, aucune garantie de son intérêt pour la collectivité, bien au contraire…

La Confédération Paysanne creusoise et du Limousin s’étaient alors opposées à cette transaction rappelant que :

  • la production alimentaire doit être une priorité absolue de l’usage des sols et qu’il est  inadmissible sur le plan éthique de sortir du terrain agricole de sa vocation alimentaire,
  • sur le plan environnemental, de nombreuses études -y compris celle de l’ADEME à l’époque-, ont déjà montrées le mauvais bilan énergétique de la méthanisation à base de cultures,
  • sur le plan agronomique, la monoculture de céréales est une aberration en termes de biodiversité, de maintien de la qualité des sols et de la qualité de l’eau, dans notre région
  • sur le plan social, ce type de projet entraine une destruction d’emplois paysans pour peu d’emplois créés et surtout est source d’inflation du prix du foncier rendant la terre inaccessible aux candidats à l’installation.

Aujourd’hui, ces revendications légitimes sont toujours d’actualité. La Confédération paysanne 23 se réjouit que ces terres puissent retrouver leur vocation alimentaire.

Nous mettons toutefois en garde contre les répercussions négatives que pourrait avoir cette nouvelle transaction sur le marché du foncier creusois et donc sur l’installation si ces terres sont revendues au prix auquel elles avaient été achetées et si elles ne permettent pas plusieurs installations. Par ailleurs, ces structures nécessiteront de nombreux aménagements coûteux -ceux-ci ayant été détruits- (bâtiments, clôtures, points d’abreuvement, réimplantation de prairies) pour redevenir des fermes de polyculture-élevage.

Nous rappelons donc la nécessité que ces terres soient revendues au prix moyen du foncier agricole en Creuse.

Ceci est d'autant plus inquiétant lorsque nous connaissons, par ailleurs, la perspective voisine de vente à une société chinoise de 1.700 ha de terres agricoles dans le département de l’Indre via la mise en place d’une Société Agricole où les droits de propriétés sont constitués en parts ; cela suscite de vives interrogations quand à l’avenir de notre agriculture !

Nous tenons à réaffirmer ici notre choix en faveur d’une agriculture paysanne, créatrice d’emplois, qui produit en priorité une alimentation de qualité, soucieuse de l’environnement, indépendante des intérêts des grands groupes industriels et s’inscrivant dans une démarche de relocalisation.  

Philippe AUVILLAIN, porte-parole Confédération paysanne 23 ayant suivi le dossier en 2010 : 06.50.02.06.67
Pascal DURIS, co-porte parole Confédération paysanne 23 :  06.83.80.61.52
Jean-Bernard TEUMA, co-porte parole Confédération paysanne 23 :  05.55.66.53.87

Agriculture paysanne

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