Jolie intention pour une coquille vide !

Stéphane Le Foll a présenté mardi dernier son projet pour la PAC 2020. La Confédération paysanne salue l'intention de mettre en place une politique agricole et alimentaire commune qui prenne en compte la dynamique des territoires.

Mais, à y regarder de plus près, ce projet développe trop souvent tout le contraire. Certes, il conforte la majoration sur les premiers hectares et les aides couplées, deux dispositifs intéressants à renforcer, mais qui ne permettront pas seuls de réorienter l’agriculture.

Quant au reste du programme, il n’est pas réjouissant :

•    Ce projet conduirait, en effet, à poursuivre l’industrialisation de l’agriculture à coups de révolution numérique ou de crédits à l’exportation, confirmant la volonté du ministre d’aller vers une agriculture duale où agriculture paysanne et industrielle seraient censées cohabiter.

•    Il ne prend pas en compte les paysans et leur situation, proposant de développer les assurances privées et d’imposer une épargne alors que les trésoreries sont à peine à flots ou négatives ; et aucune mesure concrète de régulation des volumes et des prix n’est proposée.

•    L’emploi agricole et l’installation sont oubliés. Au lieu de cela, on conserve les paiements découplés qui favorisent la course à l’agrandissement menant à la non-transmissibilité des fermes, et donc à la disparition des paysans.

•    La volonté affichée de faire avancer la sécurité alimentaire se heurte au projet de développement de la bioéconomie, qui intègre par exemple les agrocarburants, détournant ainsi la vocation de production alimentaire de l’agriculture.

•    Quant au volet environnemental, il est inexistant puisqu’aucun dispositif de transition agricole n’est proposé. Au lieu de mettre en place un verdissement ambitieux, la vocation du second pilier de réparer en partie les dégâts du premier est confirmée !

•    Sur le volet social, rien n'est avancé sur les conditions d'exercice de la production agricole. La nécessaire protection des travailleurs de la terre et l'harmonisation européenne par le haut ne sont pas abordées, alors qu'elles constituent un enjeu majeur de cohésion européenne.


Après avoir été dans l’incapacité de tenir ses engagements pour la PAC 2015, Stéphane Le Foll se réjouit de présenter une PAC 2020 au service des banques et des assurances, qu’il n’a de toute manière que peu de chances de porter. Nous en garderons cependant l’intention : une politique agricole et alimentaire commune 2020 forte et ambitieuse !

Pour la Confédération paysanne, cela implique une régulation des productions, des aides à l’actif ciblées et plafonnées, et de véritables mesures permettant une réorientation de l’agriculture, en lien avec les attentes de la société et qui soit au service de paysans nombreux.


Nous demandons aujourd'hui au ministre de l’Agriculture d'amorcer une PAC ambitieuse en notifiant au 1er aout un paiement redistributif maximum en 2017 et la révision des aides couplées animales (suppression des planchers d'accès aux aides, révision du ratio de l'aide ovine, plafonnement efficace).

Mikel Hiribarren, Secrétaire national en charge de la PAC : 06 38 91 04 83
Laurent Pinatel, Porte-parole : 06 80 58 97 22

Agriculture paysanne

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