Boeuf français engraissé à l'herbe ou bovin américain nourri à la fiente de poulet ?

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Laurent Pinatel, porte-parole de Confédération paysanne, est venu évoquer les accords de libre-échange dans la ferme de Sébastien Perrier, à Vigeville. - BARLIER Bruno

Laurent Pinatel, porte-parole de Confédération paysanne, est venu évoquer les accords de libre-échange dans la ferme de Sébastien Perrier, à Vigeville. - BARLIER Bruno

Pour Sébastien Perrier, éleveur à Vigeville et Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne : l’élevage bovin français sera le grand perdant des accords de libre-échange transatlantique. Les éleveurs subiraient « une baisse des prix de 10 % et un effondrement de leur revenu de 45 %.».
Les vignerons, les céréaliers et même les producteurs d’œufs et de lait pourraient tirer profit de Tafta et Ceta, les deux accords bilatéraux de libre-échange que l’Union européenne négocie actuellement, respectivement avec les États-Unis et le Canada. « Mais il y aura des gagnants et des perdants », a prédit mercredi,  Laurent Pinatel, porte-parole national, à l’occasion de l’assemblée générale de la Confédération paysanne en Creuse. Le leader syndical dénonce des « négociations menées en catimini sans aucune transparence […] Le Gouvernement est prêt à tout pour grappiller quelques points de croissance. C’est un encouragement à industrialiser encore plus les productions, car le gain se jouera sur des marges très faibles ».
Pour le porte-parole :«  L’espace européen est assez grand et assez différencié pour échanger et se passer des accords transatlantiques ».

« Des montagnes d'aloyau à brader »
À la ferme de Drouillas, à Vigeville, c’est le jeune exploitant Sébastien Perrier qui a déroulé l’argumentaire technique anti-Tafta : « La consommation de viande baisse en Amérique du Nord et la production augmente, y compris d’animaux sans hormones ».
Les Américains et  les Canadiens auraient donc une production excédentaire à exporter à vil prix. D’autant que, souligne Sébastien Perrier, « la consommation y est orientée sur le steak haché, qui provient des avants. Ils ont donc en stock  des montagnes d’aloyau, les morceaux de l’arrière, deux fois moins chers en moyenne que le cours européen».
La Conf’ table sur une baisse du prix de la viande finie de « 10 % mais le maigre va être aussi tiré vers le bas ». Sébastien Perrier, dont l’exploitation est orientée majoritairement sur le broutard, a fait une projection sur son propre bilan : « le revenu des éleveurs bovin viande va s’effondrer de 45 à 50 % ».
La Confédération paysanne fait le parallèle avec l’ouverture du marché aux agneaux néo-zélandais qui a déstabilisé les éleveurs ovins français. 
Ce réquisitoire n’était pas strictement économique : « c’est toute la filière viande qui va voir son image dégradée par la logique sanitaire et environnementale laxiste des Américains. L’engraissement aux USA, où la croissance est poussée chimiquement, se fait à base de farines de porc, de volaille et même parfois de litière de volaille ». Bon appétit !

Julien Rapegno

Interview

Laurent Pinatel s'exprime sur la ferme des mille veaux de La Courtine :

Vous avez été poursuivi pour une action contre la ferme des Mille vaches en Picardie. Que pensez-vous du centre d'engraissement  dit des mille veaux à La Courtine ?
On va engraisser avec quoi ? Il faut du maïs et du soja. En Limousin, il n’y en a pas. Le maïs, on sait qu’il va venir entre 150 et 200 kilomètres d’ici. Après, qu’obtient-on comme produit ?  Une viande à croissance rapide qu’on ne consomme pas en France.
Serge Papin, le patron de Super U, dit que le produit phare de son rayon boucherie c’est de la côte de bœuf engraissée à l’herbe. Super U va le chercher en Irlande. Il y a une viande qu’on ne produit pas en France : les génisses et les bœufs engraissés à l’herbe. Les bouchers nous disent aussi qu’il y a de la demande.

Pourquoi n’est-ce pas plus développé en France ?
Les primes européennes sont sur les vaches et seulement les vaches. Comme le revenu dépend largement des primes, cela incite à garder   beaucoup de vaches  et a faire partir les jeunes le plus vite possible. Qu’on ait du jeune bovin de trois mois dans la ferme ou une génisse qui reste trois ans, il n’y a pas de prime pour eux.
À volume de prime égal sur exploitation, on peut encourager l’engraissement. Avec des primes différenciées afin que l’exploitant puisse se dire : je vais avoir moins de vaches, mais je vais engraisser mes génisses à l’herbe pour le marché local ou national.

S'agissant de la nouvelle Pac,  l'affaire est  pliée…
Nous faisons déjà des propositions pour la Pac 2020. Avec la prime au maintien de troupeau de ruminants, tous les animaux présents sur la ferme doivent avoir une prime. C’est la solution pour les régions herbagères.

Agriculture paysanne

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