Depuis quelques semaines, les projecteurs sont braqués sur le monde agricole et particulièrement sur l’élevage. Pour la nième fois la question des prix agricoles qui ne rémunèrent plus les producteurs exaspère les paysans.

Que se passe-t-il ? Baisse des prix à la production en porc, lait et viande ovine et bovine dont les causes immédiates paraissent très différentes. En lait, la fin des quotas entraine une surproduction ; en porc, les transformateurs français sont en concurrence directe avec d’autres pays ayant des coûts du travail plus faibles ; et en viande ovine et bovine, avec une production pourtant déficitaire en France et en Europe, les filières subissent des importations à bas prix.
De son côté, la FNSEA s’agite accusant les intermédiaires et particulièrement la grande distribution avec lesquels pourtant elle signe des contrats de partenariat tous les jours en faisant des coups de com ou en s’associant comme à La Courtine pour l’engraissement des taurillons !
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Certes, la répartition des marges est très inéquitable mais la raison principale de cette crise est bien l’abandon des politiques de maîtrise de la production européenne donc des prix. C’était pourtant bien la mission 1ère de la PAC qui a été détricotée reforme après reforme. L’Europe de la régulation et de la souveraineté alimentaire devient celle du libre échange pour mieux préparer les accords transatlantiques !

Comme à chaque crise les paysans les plus affaiblis vont disparaitre au profit de la sacro-sainte compétitivité , alignement vers le bas prôné par les syndicats majoritaires !

Le plan d’urgence proposé par l’Etat, certes nécessaire pour passer le cap, repousse une nouvelle fois le problème sans le régler. Si les questions de fond ne sont pas résolues ce sera encore de l’argent gaspillé. Il est également illusoire de réactiver le mirage de l'export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Nous appelons l’Etat et les autres syndicats agricoles à cesser de se voiler la face sur la réalité ! Les politiques publiques n’auront de sens que si elles servent à orienter l’agriculture vers un nouveau modèle qu’est l’agriculture paysanne au plan mondial pour :

•une meilleure répartition des productions,

•des prix équitables,

•des paysans nombreux seuls capables de produire une alimentation de la qualité en préservant les ressources avec un seul objectif nourrir au mieux les populations de chaque territoire.

Par ailleurs, sur presque tous les territoires français (le Limousin étant très fortement touché de même que l’Auvergne) les mêmes éleveurs subissent une fois de plus une sècheresse (et plusieurs jours de canicule) qui ont stoppé la végétation depuis plus d’un moins risquant d’impacter fortement les trésoreries des paysans déjà mises à mal !

Là encore, comme à chaque sècheresse, les mêmes mesures se mettent en place défavorisant les paysans les plus sobres et les plus imaginatifs sans remettre en cause notre modèle agricole.

La spécialisation et la volatilité des prix ne permettent pas d’affronter le dérèglement climatique en cours.

Changeons le système pas le climat !


Philippe Auvillain, éleveur de la Confédération paysanne 23 et élu pour le Limousin au Comité National de la Conf'

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