Une nouvelle phase des négociations sur l'application de la Politique agricole commune va s'achever avec le Conseil supérieur d'orientation du 17 décembre. A la Confédération paysanne, l'inquiétude est grande de voir la diminution des aides des plus gros bénéficiaires de la PAC atténuée par des ponctions sur les plus faibles.


La convergence, fixée à 70% par François Hollande, prévoit une limitation des pertes à 30%. La Confédération paysanne s'était opposée à cette mesure. Il faut désormais la financer. Pour ce faire, il est très sérieusement envisagé de prendre aux « gagnants » de la convergence, donc ceux qui ont les aides les plus faibles !
Mais limiter les pertes de la convergence, ce n'est pas assez ! Pourquoi ne pas détourner les aides couplées de leur vocation, le soutien des productions menacées, au profit de ceux qui voient baisser leurs aides directes : « rééquilibrer sans déséquilibrer » dit Stéphane Le Foll. Pour la FNSEA, il s'agit de « solidarité » entre filières. Pour la Confédération paysanne, il s'agit plutôt de reprendre d'une main ce que l'on a maigrement lâché de l'autre.
En clair, on demande aux éleveurs ovins et bovins viande de percevoir moins pour permettre aux autres (ceux qui « perdent ») de disposer d'aides plus conséquentes. Pourtant, on l'a appris récemment, les éleveurs d'ovins et de bovins viande sont toujours ceux qui ont les revenus les plus faibles ! Les enveloppes destinées à ces productions ne doivent pas être revues à la baisse. Par ailleurs, les mesures agro-environnementales systèmes sont là pour permettre une évolution des systèmes d'exploitation, ce qui peut largement contribuer à compenser les pertes des producteurs les plus intensifs.
Enfin, le verdissement, censé pousser tous les paysans à s'engager dans des pratiques respectueuses de l'environnement, contraint les conseillers du ministre à de très complexes réflexions. Ils avaient déjà trouvé le moyen d'y faire entrer tout le monde, sauf la monoculture de maïs. Ils se creusent désormais la tête pour remédier à ce manque. Quel intérêt au paiement vert ?

La PAC se devait d'être plus sociale et plus écologique, l'occasion de rééquilibrer les revenus de l'agriculture et d'encourager l'évolution des systèmes de production. Cette ambition avait déjà pris un sérieux coup avec les arbitrages de François Hollande à Cournon. La Confédération paysanne espérait que la seconde partie des négociations permettrait de rendre un peu de cohérence à l'application française, dans le sens de l'équité. Au contraire, à quelques jours de l'arbitrage, tout semble fait pour que le grand rééquilibrage annoncé soit le plus minime possible, et que perdurent les rentes de situations des plus gros bénéficiaires de la PAC. Tout ça pour ça au final. Le rendez-vous historique de la réorientation de l'agriculture ne serait donc qu'un rendez-vous manqué !

Agriculture paysanne

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