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Une grande sècheresse... aussi politique ! |
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Mercredi, 13 Juillet 2011 11:20 |
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Quand mes bêtes vont bien, je vais bien ! Qui ne signerait ce vieil adage de la vie paysanne, tant existence et travail n’y connaissent pas de frontière ?
Ce printemps 2011, avec les cumulus aux abonnés absents et un soleil qui ne se retient plus, devient le copié collé
d’il y a trente-cinq ans : des pâtures desséchées, des récoltes misérables. 1976 : des hordes d’éleveurs quittent leurs troupeaux pour presser et charger la paille offerte par les céréaliers, revenant dans leurs fermes avec ce seul et maigre substitut à une nourriture déficiente. L’état ne reste pas impuissant et décide la levée d’un impôt sècheresse d’un montant de 20 milliards de francs (3 milliards d’euros) permettant ainsi la distribution d’aides conséquentes et rappelant que la solidarité nationale n’est pas un vain mot ! La SNCF met à disposition des trains qui seront remplis par l’armée. En ces temps la, le prix des céréales, ou celui du lait, ne bougent pas d’un iota : prix indicatifs, mécanismes d’interventions et stocks de sécurité sont en place.
Aujourd’hui, l’heure de vérité a sonné pour mesurer ce qu’il reste de solidarité au sein de la « profession », entre grands céréaliers et éleveurs aux revenus faisant le grand écart !
Mais plus encore, les pouvoirs publics vont-ils oser redire que le fonds national de calamité est vétuste et doit être remplacé par une assurance « récolte » confiée aux assureurs privés -alors que Groupama annonce qu’elle ne prendra pas de nouveaux contrats- ! Vont-ils oser dire que les marchés à terme apportent de la lisibilité dans la gestion des entreprises et remplacent avantageusement les anciens mécanismes de régulation de la PAC ? Qu’ont à dire ceux qui ont vulgarisé ces marchés à terme à ces éleveurs qu’ils ont poussés à vendre à l’avance leur blé et qui ne peuvent plus l’ensiler pour leurs vaches qui n’ont plus rien ? Et qu’auront-ils aussi à dire aux céréaliers qui ont vendu par anticipation des quantités supérieures à leur véritable récolte et qui devront payer la différence ?
Dramatique et… pédagogique car il faudra bien faire le procès en irresponsabilité des promoteurs du tout marché !
D'après un édito de Christian Boisgontier, Conf'paysanne nationale. |